La durée du sommeil tend à se réduire avec l’âge, mais certains seniors dorment davantage, parfois jusqu’à 12 ou 14 heures par jour. Cette tendance, souvent jugée anodine, peut masquer des troubles médicaux ou psychologiques ignorés.
Une telle modification du rythme veille-sommeil ne relève pas toujours du vieillissement normal. Plusieurs facteurs, tels que des pathologies chroniques, des effets secondaires médicamenteux ou un environnement inadapté, peuvent bouleverser le cycle habituel. Repérer l’origine de ces changements reste fondamental pour préserver la qualité de vie.
Quand le sommeil devient trop présent chez les seniors : comprendre le phénomène
Avec l’avancée en âge, le sommeil évolue. Chez la personne âgée, les nuits se fragmentent, les réveils sont plus nombreux, les siestes tendent à s’étirer. Parfois, ce schéma dérape : un sommeil excessif s’installe, dépassant largement ce que le corps réclame réellement.
Pourquoi cette bascule ? Le vieillissement grignote la qualité du sommeil. La production de mélatonine, l’hormone qui cadence nos nuits, s’effondre. Résultat : les phases réparatrices se réduisent à peau de chagrin, la fatigue traîne dès le réveil, et l’organisme réclame des heures supplémentaires pour tenter de compenser.
D’autres éléments s’en mêlent. La consommation accrue de médicaments, la baisse d’activité physique, un quotidien sans repères fixes… Tout cela perturbe la mécanique. L’alternance veille-sommeil devient floue, le risque de somnolence diurne augmente. Pourtant, rien n’est inéluctable.
Les situations suivantes illustrent les principaux bouleversements observés :
- Troubles du sommeil chez les seniors : alternance entre insomnie et hypersomnolence.
- Rythme circadien perturbé : coucher et lever perdent toute régularité.
- Qualité du sommeil : profondeurs de la nuit raccourcies, sommeil plus léger.
En surveillant d’un œil attentif ces changements, on évite de reléguer la fatigue persistante aux seules années qui passent. Le sommeil chez les seniors mérite une attention particulière, loin des clichés.
Hypersomnolence chez la personne âgée : quelles causes possibles ?
L’hypersomnolence qui s’invite chez la personne âgée ne s’explique pas par la simple lassitude des années. Plusieurs causes se croisent et s’entremêlent, souvent silencieusement. Les maladies chroniques arrivent en tête de liste : insuffisance cardiaque, diabète, maladie de Parkinson… Toutes déstructurent le sommeil, multiplient les réveils, et laissent un sillage de fatigue tenace, poussant à prolonger les nuits ou à multiplier les siestes.
Les troubles du sommeil sont aussi à surveiller. Apnées du sommeil, jambes sans repos, mouvements involontaires… Chaque perturbation fragmente le sommeil profond et multiplie les micro-éveils. Le repos devient alors illusoire, la somnolence s’installe en journée. Les troubles respiratoires nocturnes, souvent sous-évalués, jouent un rôle de premier plan dans ces dérèglements.
Quant aux médicaments, ils interviennent fréquemment. Les traitements pour l’hypertension, l’anxiété ou la douleur, pour ne citer qu’eux, peuvent entraîner une hypersomnolence parfois insidieuse. La prise de plusieurs traitements à la fois, fréquente après 70 ans, accentue ce phénomène.
Enfin, les troubles cognitifs, notamment ceux liés à la maladie d’Alzheimer, bouleversent le rythme veille-sommeil. Les phases d’agitation nocturne alternent avec des périodes de somnolence diurne marquée.
- Maladies chroniques : fatigue persistante, nuits morcelées.
- Troubles respiratoires : apnées, réveils répétés, endormissement diurne.
- Effets secondaires des médicaments : vigilance en berne, tendance à s’endormir facilement.
- Déficits cognitifs : alternance anarchique entre veille et sommeil.
Quand ces facteurs se cumulent, la personne âgée dort souvent bien plus que de raison, sans pour autant ressentir le bénéfice d’un vrai repos.
Faut-il s’inquiéter si une personne âgée dort beaucoup ? Les signes à surveiller
Un allongement du temps de sommeil ne signale pas toujours un problème, mais certains signaux méritent qu’on s’y attarde. Chez le senior, la fatigue persistante, la confusion ou le repli sur soi ne sont jamais anodins. Lorsque la lassitude devient quotidienne et s’accompagne de troubles de l’attention, l’excès de sommeil prend un tout autre relief.
Des changements de comportement peuvent aussi survenir : irritabilité soudaine, désorientation, difficultés à reconnaître les proches ou à accomplir des gestes familiers. Ces situations peuvent annoncer une décompensation, notamment dans le cadre de maladies chroniques ou d’un début de démence. Parfois, un excès de sommeil révèle une infection, une déshydratation ou une réaction à un traitement.
L’apparition de chutes répétées, l’isolement, ou la perte d’autonomie quotidienne doivent alerter. Pour soutenir la vigilance, la téléassistance et l’usage de dispositifs connectés permettent de suivre les habitudes nocturnes, de détecter les déplacements inhabituels, et de réagir rapidement en cas d’incident.
Voici les principaux signaux qui doivent attirer l’attention :
- Fatigue qui ne disparaît pas malgré le repos
- Confusion ou désorientation inaccoutumée
- Chutes à répétition sans cause évidente
- Changements de comportement soudains
- Perte d’intérêt pour les activités ou retrait social
Face à ces situations, l’avis du médecin traitant s’impose pour investiguer une maladie sous-jacente ou revoir un traitement. L’entourage, par sa présence et sa vigilance, fait souvent une différence majeure lorsque le sommeil chez les seniors prend une place disproportionnée.
Conseils pratiques pour améliorer le sommeil et préserver la qualité de vie
Un sommeil de qualité se construit au quotidien, bien plus qu’il ne s’improvise. Chez la personne âgée, quelques habitudes peuvent transformer la donne. Incitez à bouger, même doucement : marche, jardinage, gymnastique adaptée… L’activité physique soutient le rythme veille–sommeil et favorise la sécrétion de mélatonine, alliée précieuse pour la phase réparatrice de la nuit.
La régularité, c’est la clé : horaires de coucher et de lever fixes, siestes courtes et jamais en fin de journée. Pour le dîner, misez sur la simplicité : repas léger, peu d’excitants, pas d’alcool. Parfois, un bol de lait ou un fruit suffit à préparer le corps au repos.
L’environnement compte plus qu’on ne l’imagine. Chambre fraîche (autour de 18°C), obscurité, calme et literie confortable créent les conditions idéales. Un carnet de sommeil peut aussi aider à repérer les perturbateurs nocturnes, douleurs, bruits, anxiété, pour mieux les contrer.
Enfin, la présence rassurante d’une aide à domicile, d’une garde de nuit ou le recours à la téléassistance participe au sentiment de sécurité. De nombreuses familles sollicitent l’APA afin de financer un soutien adapté, notamment lors des périodes de fragilité. En institution, le respect du rythme biologique de chacun s’impose comme une attention de tous les instants, véritable pilier de la qualité de vie.
Quand le sommeil prend le dessus, il ne s’agit jamais d’un simple caprice du temps qui passe. Rester attentif, questionner, adapter le quotidien : c’est ainsi qu’on redonne au sommeil sa juste place, et à la personne âgée le goût des jours bien vécus.


