Certains salariés ayant commencé à travailler avant 20 ans peuvent cesser leur activité dès 60 ans sans pénalité, à condition de remplir des critères précis liés à la durée de cotisation et à la nature des trimestres validés. La réforme des retraites de 2023 a modifié les règles, rendant l’accès à ce dispositif plus complexe tout en maintenant des possibilités de départ anticipé pour les carrières longues.
L’examen du relevé de carrière, la vérification des périodes reconnues et la constitution d’un dossier auprès de l’Assurance retraite s’avèrent indispensables pour bénéficier de cette mesure. Plusieurs étapes administratives et justificatifs sont exigés.
Travailler jusqu’à 60 ans : où en est-on aujourd’hui ?
Le paysage des retraites françaises ne cesse de se transformer, à coups de réformes successives. Depuis 2010, puis avec la secousse de 2023, l’âge légal de départ à la retraite ne fait que reculer. Aujourd’hui, pour les personnes nées à partir de 1968, il faut patienter jusqu’à 64 ans avant de pouvoir quitter la vie active, sous réserve d’éventuelles évolutions dans les textes à venir, notamment avec le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale. Pourtant, l’idée d’un départ anticipé continue de résister, en particulier pour ceux qui ont travaillé dès leur jeunesse ou dont le parcours a été marqué par la pénibilité.
Dans le régime général, auprès de la MSA ou pour les indépendants, une constante demeure : il ne suffit pas de totaliser des années au compteur. Il faut prouver une carrière pleine, jalonnée de suffisamment de trimestres cotisés. Depuis la dernière réforme, ces conditions se sont durcies, et les carrières en pointillés, temps partiel, contrats courts, interruptions, compliquent la donne. Aujourd’hui, une année de travail ne garantit pas toujours la validation de quatre trimestres, ce qui fragilise la trajectoire de nombreux salariés.
Le moment du départ dépend à la fois de l’année de naissance et du nombre de trimestres engrangés. Prenons un exemple : un salarié né en 1965 devra patienter jusqu’à 63 ans et 9 mois, sauf s’il entre dans le cadre d’un dispositif spécifique, carrière longue, handicap, pénibilité. Les fonctionnaires, eux, sont soumis à des règles proches, mais modulées selon leur catégorie d’activité.
Pour mieux comprendre les principales conditions qui s’appliquent actuellement, voici quelques points de repère :
- Âge légal de départ fixé à 64 ans pour les générations à partir de 1968
- Des possibilités de départ anticipé existent pour carrières longues ou situations particulières
- La durée d’assurance exigée varie selon le statut : salarié, indépendant, fonctionnaire, exploitant agricole
La réforme a rebattu les cartes concernant le calcul des trimestres et les perspectives de fin de carrière. Les salariés éprouvés par des métiers difficiles ou des parcours en dents de scie scrutent toujours la possibilité d’un départ anticipé, parfois vécu comme une bouée de sauvetage.
Qui peut bénéficier d’un départ anticipé pour carrière longue ?
Le dispositif des carrières longues continue de jouer un rôle clé pour celles et ceux qui rêvent de tourner la page avant l’âge légal. Il s’adresse aux actifs ayant commencé tôt, à condition d’avoir accumulé un nombre significatif de trimestres cotisés. Mais attention : tous les trimestres ne se valent pas. Seuls ceux cotisés, ainsi que certains assimilés, service militaire, maternité, périodes de chômage indemnisé sous conditions,, sont pris en compte dans la durée d’assurance cotisée.
On distingue plusieurs seuils selon l’âge au début de la vie professionnelle. Par exemple, un salarié qui a travaillé avant ses 16, 18 ou 20 ans pourra, s’il réunit le quota de trimestres requis, déposer une demande de départ anticipé. Le nombre de trimestres nécessaires dépend de l’année de naissance, mais aussi du moment où la carrière a démarré. Ces règles, affinées par la réforme de 2023, concernent aussi bien les salariés du privé que les indépendants, agents de la fonction publique affiliés au régime général, ou exploitants agricoles de la MSA.
Pour clarifier les critères d’accès, voici les éléments principaux à retenir :
- Trimestres cotisés : périodes d’activité effective, service militaire, maternité, chômage indemnisé sous certaines conditions
- Durée d’assurance cotisée : nombre de trimestres requis selon la génération
- Âge de début d’activité : seuils fixés avant 16, 18 ou 20 ans selon le dispositif
L’accès à la retraite anticipée pour carrière longue repose donc sur la capacité à justifier, à chaque étape, de ces périodes d’activité. Les situations particulières, handicap, incapacité permanente, pénibilité, relèvent de règles plus favorables encore. Mais la rigueur s’impose : seuls les trimestres reconnus comme cotisés ouvrent ce droit.
Les démarches essentielles pour préparer sa retraite avant l’âge légal
Avant d’envisager un départ avant 64 ans, il faut s’assurer de répondre aux critères fixés par la caisse d’assurance vieillesse. Le relevé de carrière, accessible sur l’espace personnel de chaque assuré, est le point de départ. Il récapitule les trimestres cotisés et détaille les périodes assimilées. Examinez-le attentivement, en portant une attention particulière aux années de chômage ou de service national, pour éviter toute erreur qui pourrait faire obstacle à l’obtention de votre pension.
La demande de retraite anticipée doit être déposée généralement six mois avant la date souhaitée. L’attestation de situation fournie par la caisse fait foi : elle est indispensable pour activer le dispositif. Si le nombre de trimestres fait défaut, le rachat peut s’avérer judicieux. Cette opération, payante, permet de compléter son parcours et d’atteindre plus vite le taux plein, selon les modalités et le coût fixés chaque année.
Pour les salariés, le respect du préavis reste la règle, qu’il s’agisse d’un départ initié par l’employeur ou par l’assuré. L’indemnité de départ varie selon l’origine de la rupture. En cas de licenciement ou de rupture conventionnelle, vérifiez bien les conséquences sur vos droits : certaines périodes d’indemnisation par France Travail peuvent être assimilées à des trimestres, mais sous conditions strictes.
En résumé, une préparation minutieuse de chaque étape s’impose pour éviter les mauvaises surprises et garantir la prise en charge correcte du dossier.
Comment vérifier votre éligibilité et anticiper les conséquences sur votre pension
Pour savoir si un départ anticipé s’offre à vous, le simulateur officiel M@rel constitue une aide précieuse. Accessible en ligne, il affine le calcul de vos droits en tenant compte de votre parcours : âge d’entrée dans la vie active, interruptions, périodes de chômage ou de maladie. Cet outil croise les règles des différents régimes, régime général, MSA, Agirc-Arrco pour les salariés du privé, et vous indique si vous êtes éligible à un départ anticipé pour carrière longue ou pénibilité.
Le bilan retraite personnalisé, disponible sur l’espace personnel de l’assurance retraite, permet de vérifier le nombre exact de trimestres cotisés et assimilés. Les guides fournis par les caisses détaillent la différence entre trimestres cotisés et réputés cotisés, ainsi que la prise en compte des périodes de service national, de maternité ou d’invalidité.
Pour la retraite complémentaire, il est nécessaire de contrôler le total des points Agirc-Arrco acquis. Un départ avant l’âge du taux plein automatique peut entraîner une minoration ou une décote temporaire de la pension complémentaire. Il est donc préférable d’anticiper : chaque trimestre manquant se traduit par une pension réduite, sauf cas particuliers liés au handicap ou à l’incapacité permanente.
Un rendez-vous individuel avec un conseiller retraite permet d’affiner ses prévisions. La simulation détaille le montant estimé de la pension et met en lumière l’écart avec une retraite prise à l’âge légal. À chacun d’ajuster sa trajectoire selon ses priorités : partir plus tôt, accepter une pension inférieure ou prolonger l’activité pour sécuriser le taux plein. Car derrière la date du départ, c’est tout un équilibre de vie et de projet qui se joue.


