Votre pension de retraite complémentaire Agirc-Arrco n’a pas bougé depuis novembre 2024. Dans le même temps, les retraites de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026. Ce décalage entre les deux régimes crée des gagnants et des perdants, selon la part que la complémentaire occupe dans vos revenus.
Gel Agirc-Arrco et hausse des retraites de base : deux décisions distinctes
Beaucoup de retraités confondent retraite de base et retraite complémentaire. Les deux obéissent à des règles différentes, et surtout à des calendriers séparés.
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La retraite de base (versée par l’Assurance retraite) est revalorisée par le gouvernement, généralement en janvier. Pour 2026, le Parlement a écarté le gel initialement prévu dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Résultat : les pensions de base augmentent de 0,9 % au 1er janvier 2026, un taux aligné sur l’inflation estimée par l’Insee.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco, elle, dépend des partenaires sociaux (organisations patronales et syndicales). Leur échéance de revalorisation tombe au 1er novembre. En novembre 2025, aucun accord n’a été trouvé. Le point Agirc-Arrco reste donc bloqué à 1,4386 euro, sans augmentation.
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Pour résumer : votre retraite de base a pris 0,9 %, votre complémentaire est à zéro. La prochaine fenêtre de négociation pour Agirc-Arrco est fixée au 1er novembre 2026.

Profils de retraités les plus pénalisés par le gel de la complémentaire
Tous les retraités du privé ne dépendent pas de l’Agirc-Arrco dans les mêmes proportions. C’est là que les inégalités se creusent.
Un ancien cadre supérieur touche souvent une part de complémentaire qui représente plus de la moitié de sa pension totale. Quand cette moitié est gelée, la revalorisation de 0,9 % sur la seule retraite de base ne compense presque rien en proportion.
À l’inverse, un retraité dont la complémentaire ne représente qu’un quart de ses revenus ressent moins l’absence de revalorisation Agirc-Arrco. La hausse de 0,9 % sur la base couvre une fraction plus large de sa pension globale.
- Anciens cadres du privé : la complémentaire peut atteindre plus de 60 % de la pension totale. Le gel pèse lourdement sur leur pouvoir d’achat.
- Anciens salariés non-cadres : la part complémentaire est plus faible, souvent autour d’un quart à un tiers. L’impact du gel reste réel, mais atténué par la revalorisation de la base.
- Retraités de la fonction publique : ils ne sont pas affiliés à l’Agirc-Arrco et ne sont pas concernés par ce gel. Leur pension de base revalorisée de 0,9 % constitue la quasi-totalité de leurs revenus de retraite.
Le gel de la complémentaire aggrave donc un écart qui existait déjà. Plus votre carrière vous a donné de points Agirc-Arrco, plus vous êtes pénalisé par l’absence de revalorisation en 2025 et 2026.
Hausse de la CSG en 2026 : une baisse nette que personne n’a votée
Vous pensiez que le seul risque était le gel du point ? Un autre mécanisme vient réduire le montant réellement perçu par certains retraités Agirc-Arrco, sans aucune décision du régime complémentaire.
Chaque année, le taux de CSG appliqué à votre pension est recalculé en fonction de votre revenu fiscal de référence. En 2026, ce recalcul se base sur les revenus de 2024. Si vos revenus de 2024 ont légèrement augmenté (un trimestre de travail supplémentaire avant le départ, une plus-value, un revenu locatif), vous pouvez basculer vers un taux de CSG supérieur.
Votre pension brute ne change pas, mais votre pension nette baisse. Concrètement, passer du taux réduit au taux médian ou du taux médian au taux normal représente plusieurs dizaines d’euros en moins chaque mois.
Ce phénomène touche potentiellement environ 14 millions de retraités du privé affiliés à l’Agirc-Arrco. Il frappe en particulier ceux dont les revenus se situent juste au-dessus des seuils de CSG. Un écart de quelques euros sur le revenu fiscal peut suffire à déclencher le changement de tranche.
Vérifier son taux de CSG sur l’espace personnel Agirc-Arrco
Si vous constatez une baisse de votre pension nette en mars 2026, consultez votre espace personnel sur le site Agirc-Arrco. Le nouveau taux de CSG y est mentionné. En cas de passage à un taux supérieur, la régularisation s’applique rétroactivement à janvier 2026.

Revalorisation Agirc-Arrco en novembre 2026 : ce qui pourrait débloquer la situation
Les partenaires sociaux se retrouveront avant le 1er novembre 2026 pour décider du sort du point Agirc-Arrco. Plusieurs facteurs pèseront dans la balance.
Le régime complémentaire dispose de réserves financières. La question n’est pas tant la capacité à revaloriser que le niveau d’indexation jugé acceptable par les deux parties. Les syndicats poussent pour rattraper au moins l’inflation cumulée depuis le dernier gel. Les organisations patronales insistent sur la prudence à long terme.
L’inflation mesurée sur 2025 et début 2026 servira de référence. Si elle reste modérée (autour de 1 %), un rattrapage modeste paraît envisageable. Rien ne garantit cependant une revalorisation : un nouveau gel en novembre 2026 reste un scénario possible si les négociations échouent à nouveau.
Ce qui distingue cette situation des années précédentes
Avant 2024, l’Agirc-Arrco avait revalorisé les pensions chaque année. Le gel de novembre 2025 est un épisode rare. Il intervient dans un contexte où les retraites de base ont elles-mêmes failli être gelées par le gouvernement, avant que le Parlement ne rejette cette mesure.
Cette double pression (gel envisagé sur la base, gel effectif sur la complémentaire) installe un climat d’incertitude pour les retraités du privé. La pension complémentaire devient la variable d’ajustement que ni le gouvernement ni les partenaires sociaux ne semblent pressés de stabiliser.
Pour les retraités dont la complémentaire représente la majorité des revenus, la priorité est de surveiller deux dates : le versement de mars 2026 (impact CSG) et les résultats des négociations paritaires avant novembre 2026. Ce sont ces deux échéances qui détermineront si le pouvoir d’achat se maintient ou continue de s’éroder.

